Naissance d’un sacré monstre teuton de la moto !
Dans l’histoire de la moto, certains modèles dépassent leur simple fonction de machine pour devenir de véritables OVNI : la Münch Mammut appartient à cette catégorie d'objets roulants non identifiés !
L'homme à l'origine de ce gloubiboulga mécanique n'est autre que Friedel Münch, ancien pilote allemand débauché par Horex pour participer au développement de ses modèles de compétition.
Lorsque la marque Horex ferme boutique en 1960, ce cher Friedel rachète l'outil de production et sort son premier mastodonte "Mammut" dès 1966.
Le Roi de la bricole :
Au milieu des années 1960, tandis que la plupart des motos sont encore modestes en puissance, Friedel Münch décide de briser les codes avec une approche simple, pragmatique et audacieuse...
Le premier modèle recycle un 4 cylindres NSU de 996 cm3 issu d'un moteur de... voiture : la "Prinz 1000" à laquelle il emprunte même le design du phare !
Cette configuration iconoclaste permet d’obtenir une puissance et un couple très supérieurs aux standards moto de l’époque.
Sortant 55 CV, ce moteur affiche des performances exceptionnelles : la moto passe de 0 à 100 km/h en 4,5 sec. et est capable de tutoyer les 190 km/h.
Une production artisanale et exclusive :
Contrairement aux autres marques, Münch fabrique ses motos à la main et uniquement sur commande : à l'instar de Ferrari, chaque exemplaire produit est presque unique.
La production totale estimée est de moins de 500 unités pour un prix d'achat très élevé pour l’époque.
Cette rareté contribuera à faire de la Mammut une moto mythique recherchée encore aujourd’hui par les collectionneurs de pachydermes survitaminés.
Une machine hors normes :
La Münch Mammut n’est pas seulement puissante, elle est aussi imposante et sophistiquée.
Caractéristiques marquantes :
- Moteur 4 cylindres jusqu’à 1177 cm³ puis plus selon les versions.
- Puissance pouvant atteindre 88 CV, voire 100 CV avec injection.
- Poids de sumo : environ 300 kg et plus.
- Utilisation de matériaux innovants comme le magnésium.
- Roue AR spécifique ultra-résistante.
Le look :
Comment dire... avec la Mammut on est plus proche de l'esprit patchwork que de la recherche poussée d'un design artistique : c'est du mastoc, du massif, presque du préhistorique !
On ne va pas se mentir, l'ensemble reste assez improbable, pour ne pas dire moche :
- Aucune étude aéro-dynamique.
- Un gros réservoir maladroit prolongé par une selle creusée dont la partie arrière est complètement inutile.
- Des caches latéraux dessinés à l'équerre.
- Un garde-boue AR qui fait froid dans le dos !
Une évolution insuffisante :
En 1968, un éditeur américain (Floyd Clymer) investit dans la firme, permettant à Friedel Münch de doter sa Mammut d'un moteur de 1 177 cm3, montant la puissance à 88 CV.
En 1973, une alimentation par injection, et l'augmentation de la cylindrée à 1 278 cm3, sont proposées au catalogue. Plusieurs versions voient ainsi le jour : celles à carburateurs sont nommées "Münch4 TTS" tandis que celles qui exploitent l'injection sont estampillées "Münch4 TTS-E".
Mais les ventes ne décollent pas et la boite est obligée de fermer dès 1980.
Le retour du mythe à l'aube du XXIème siècle :
Au début des années 2000, la légende renaît de ses cendres avec la Mammut "2000", une version encore plus énervée ! Chez Münch, on n'a jamais fait dans la dentelle :
Exploitant cette fois le moteur 2 litres de l'Opel Calibra (rien que ça !), la moto est capable d'atteindre une vitesse de pointe de plus de 250 km/h.
La puissance du moteur turbocompressé est de 260 CV à 5.650 tr/min pour un couple phénoménal de 30,1 kg m à 3.500 tr/min.
Tous pleins faits, la bête affiche 380 kg sur la balance, soit un rapport poids/puissance dantesque de 1,46 KG/CV.
Une moto de niche :
Les rares clients en mesure de débourser les 86.000 € nécessaires pouvaient suivre, pas à pas, l'évolution du montage de leur bécane via internet.
En prime, le client disposait d'une assistance technique en Live via son téléphone portable : en connectant celui-ci à sa moto, un technicien Münch pouvait modifier certains paramètres de la machine ou, plus simplement, établir un diagnostic pour le dépanneur qui viendrait chercher, partout dans le monde, le mammouth resté sur le carreau !
Conclusion :
La Münch Mammut est aujourd'hui souvent considérée comme le précurseur des superbikes modernes. Dans l'imaginaire collectif, elle est comparée à des motos emblématiques comme la "Vincent Black Shadow" ou la "Brough Superior SS100".