L’icône des eighties qui ne voulait pas vieillir
Dans les années 80, les constructeurs japonais partent sans complexe à l'assaut du custom made in USA : bien moins coûteuses et plus fiables, les "Harley" nippones vont rapidement s'imposer en dehors du far west américain.
Parmi les armes de séduction massive de l'époque, la Yamaha XV 750 est devenue une référence incontournable : plus de 40 ans après sa présentation, cette machine continue de faire battre le cœur des passionnés.
1981 : Le choc culturel du V-Twin nippon
Au début de la décennie des paillettes et du synthé, le cahier des charges de Yamaha est limpide mais audacieux : bousculer Harley-Davidson sur son propre terrain, le custom à l'américaine.
La firme d'Iwata présente alors sa XV 750 SE. Ce qui frappe et fascine dès le premier coup d'œil, c'est son moteur : un magnifique bicylindre en V ouvert à 75°, refroidi par air, qui occupe fièrement le centre du châssis.
À l'époque, le premier modèle surprend avec une suspension arrière dotée d'un mono-amortisseur central (Cantilever) et un look un peu hybride.
Il faut toutefois attendre 1984 pour que la machine adopte définitivement le patronyme de "Virago" et se plie aux codes esthétiques purs du custom : deux amortisseurs latéraux chromés, une selle ultra-basse creusée, un réservoir en goutte d'eau et un guidon "corne de vache" : le look rebelle low-cost à la japonaise est né !
Du chrome, du couple et un cardan :
Sur la route, cette 750 n'est pas une bête de course. Avec une puissance modeste d’environ 55 à 60 chevaux, elle mise tout sur le caractère.
Le moulin distille des vibrations envoûtantes et un couple généreux dès les bas régimes. Inutile de brusquer la boîte, on enroule sur le gras du couple en écoutant le double échappement chanter.
L'autre point fort de la XV 750, c'est sa transmission finale par cardan. Pour les gros rouleurs de l'époque (et d'aujourd'hui), c'est le summum du confort : pas de graisse de chaîne qui macule la jante arrière, pas de tension à faire tous les 1 000 kilomètres... on roule l'esprit libre !
Grâce à une hauteur de selle frôlant les 715 mm, poser les deux pieds bien à plat au sol est un jeu d'enfant. Malgré un poids d'environ 240 kg avec les pleins, son centre de gravité placé très bas en fait une moto étonnamment maniable, presque douce, idéale pour les rides dominicaux sans stress.
Qu'en penser aujourd'hui ?
Acheter une XV 750 implique un minimum de discernement.
Mécaniquement, le bloc moteur est réputé indestructible si entretenu régulièrement. Le seul véritable point noir historique concerne le lanceur de démarreur (notamment sur les premiers modèles SE), connu pour produire un bruit de ferraille terrifiant au démarrage.
Sur le marché de l'occasion, la cote grimpe tranquillement : compte environ 2 000 € à 3 500 € pour un exemplaire d'origine en bon état de conservation. Si tu cherches une version entièrement customisée dans les règles de l'art et par un atelier, les prix peuvent s'envoler au-delà des 7 000 €.
Plus qu'un simple custom des années 80, cette Yamaha XV 750 est une machine à deux visages : moto vintage attachante et économique pour les uns, toile blanche idéale pour les artistes du disque à tronçonner pour les autres, elle prouve que le vrai caractère mécanique ne meurt jamais.
Crédits : presse publicitaire - Moto Plus n°4