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La Montée Impossible

Soumis par Rusty James le dim 17/08/2025 - 12:02
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A l'impossible nul n'est tenu !

Apparue en France au début des années 80, la Montée Impossible est une épreuve mythique prisée par les pilotes & casse-cous de tous poils : véritable défi aux lois de la gravitation, elle est plus proche de l'Enfer que d'une balade bucolique !

La montée impossible (origine anglophone « Hill-Climbing ») est une course moto individuelle où le compétiteur affronte une côte naturelle, non goudronnée et extrêmement pentue (plus de 45 % de dénivelé en général).

Réputée quasi infranchissable, cette course de l'extrême propose le défi suivant : arriver au sommet le plus vite possible ou, à défaut, monter le plus haut possible.

Les engins utilisés sont, la plupart du temps, des prototypes adaptés (tant bien que mal !) à ce type d'épreuve : entre labourage et course de caisses à savon, le spectacle est parfois farfelu mais toujours très impressionnant et riches en gamelles !

Les origines :

Cette compétition a vu le jour aux USA au début du XXème siècle : les marques naissantes (Harley-Davidson, Indian...) utilisèrent les défis de franchissement de côtes pour éprouver leurs machines.

La première manifestation connue de "Hill-Climbing" remonte au 30 mai 1903 : le NYMC (New York Motorcycle Club) organisa une épreuve à Riverdale Hill. Cet évènement est d'aileurs réputé comme la plus ancienne forme de compétition motocycliste.

La réglementation :

- Le pilote conduit un deux-roues motorisé (parfois trois-roues en ligne).
- Lors de sa tentative de montée, il ne peut en aucun cas se faire aider.
- En cas de chute (plus que probable !), c'est le niveau de la roue AV de sa moto qui sert de point de référence.

Lieux de manifestation :

France :

- La montée d'Arette, située dans les Pyrénées-Atlantiques, fait figure de pionnière depuis 1984.
- La montée de Lamure-sur-Azergues située dans le Rhône.
- La montée impossible de Bernex située en Haute-Savoie.
- La montée impossible du Collet d'Allevard en Isère.
- La montée impossible de La Bresse dans les Vosges.
- La montée impossible de Muhlbach-sur-Munster dans le département du Haut-Rhin.

Belgique :

- La montée d'Andler/Schönberg située dans la Province de Liège.

Autriche :

- L'épreuve organisée à Rachau depuis 1995, et retransmise sur Eurosport, fut l'une des premières à populariser la montée impossible en Europe.

États-Unis :

- Devil's Staircase Hillclimb à Dayton

Compétitions officielles :

- Le "Mondial de Montée impossible" se déroule à Decazeville en Aveyron, France.

En France ce sport, longtemps considéré comme folklorique, est en train de s'organiser et de se réglementer sous les auspices de la Fédération française de motocyclisme.

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PARIS-DAKAR

Soumis par Rusty James le lun 02/06/2025 - 16:36
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La genèse :

Véritable marathon, le rallye Paris-Dakar est créé par Thierry Sabine en 1978. L'idée : un rallye-raid pharaonique au départ de Paris pour traverser toute l'Afrique avec un finish à Dakar.

Initialement ouverte aux autos, motos & camions, la première édition aligne 170 participants au Trocadéro (Paris) le 26 décembre 1978. Dans la catégorie "moto", c'est le jeune Cyril Neveu qui décrochera le trophée au guidon d'une "simple" Yamaha XT 500.

L'engouement populaire pour cet évènement hors du commun augmente rapidement : lors du millésime 1980, ce ne sont pas moins de 216 équipages qui se présentent au départ. Ils seront 291 pour l'édition 1981 !

Au cours de cette décennie, l'esprit extrême du Paris-Dakar va pousser nombre de célébrités (en manque de sensations fortes ou de notoriété !) à s'y engager : Claude Brasseur, Caroline de Monaco, Michel Sardou, Evelyne Dhéliat... En général, ces "people" n'avaient aucune notion de pilotage et étaient propulsés dans le rôle de copilote + ou - potiche. Au moins ont-ils pu dire : "je l'ai fait !" après s'être offert leur safari bling-bling.

Les pionniers :

Au début des années 80, le rallye-raid Paris-Dakar est à son apogée : extrêmement populaire, cette migration annuelle d'aventuriers de tous poils traverse la France depuis la capitale vers le Sud pour débarquer sur les côtes africaines.

C'est encore l'époque des "fous du volant avec leur drôles de machines" ! Une aventure abordable pour tout un chacun, des types qui se jettent corps & âme dans la course avec des véhicules de série à peine préparés, sans ou avec peu d'assistance. Le paris-Dakar c'était bien plus qu'une aventure, c'était une odyssée... que dis-je, c'était une épopée !

En plein hiver, la foule se massait sur le trajet de ces pionniers ordinaires motorisés, héros de l'instant, pour les acclamer & les encourager. Pas de barnum, pas de caravane ni d'étape avec animations & distributions de stylos ou de porte-clés : les mecs traçaient leur route.

Pour les motards c'étaient la morsure du froid qu'ils prenaient en pleine gueule : on en voyait même certains qui avaient revêtu une simple bâche plastique en guise de poncho & pour éviter de se transformer en Mr Freeze !

Une année, le cortège a même traversé ma petite ville (Cahors). Alors gamin et fan de moto, ces cavaliers de l'apocalypse me fascinaient : traversant la France brumeuse & hivernale pour affronter, dans quelques jours, la brûlure du Ténéré.

Pour ces héros de la première heure, le Dakar était leur chemin de Compostelle, leur Graal : un pèlerinage en solitaire face à l'Inconnu, un défi aux éléments & une grande épreuve d'humilité !

1986 : le drame

Plusieurs accidents mortels ont malheureusement entaché l'aventure, que ce soit au niveau des concurrents, des organisateurs ou des spectateurs. Le drame le plus emblématique étant, en 1986, la mort de Thierry Sabine et de Daniel Balavoine lors d'un crash d'hélicoptère. Trois autres personnes ont aussi été emportées dans cette catastrophe : le pilote François-Xavier Bagnoud, le technicien radio Jean-Paul Le Fur ainsi que la journaliste Nathalie Odent.

1988 & après : le grand Barnum !

A la fin des 80', exit l'aventure pure & l'esprit pionnier. En 1988, notoriété oblige, on est plus sur le modèle Disneyland que dans Voyage en terre inconnue. Le Paris-Dakar se professionnalise : ainsi, plus de 600 équipages sont au départ cette année là ! En y ajoutant la logistique, les sponsors & les médias, chaque bivouac se transforme en une véritable cité de plusieurs milliers d'âmes.

Années 90 & 2000 : la fin d'un mythe

Comme elle est déjà loin l'époque des vrais aventuriers, l'époque des Cyril Neveu sur son XT & Hubert Auriol sur sa BM ! Il est perdu le temps où Mr Toutlemonde pouvait tenter sa chance avec sa machine de série bricolée.

Le rallye-raid est définitivement devenu une machine à gaz, une grosse opération commerciale, une vitrine pour les constructeurs et les sponsors : un challenge bien huilé où les moyens & les écuries comptent bien plus que le talent d'un pilote face aux éléments. Il n'y a plus de surprise, plus de héros, plus de légende.

Outrage suprême : l'itinéraire, l'esprit et le nom même du Paris-Dakar, seront dévoyés au fil des éditions. Ainsi, on commencera par un timide "Paris-Alger-Dakar" puis un simple "Dakar" avant de passer en roue libre avec des "Paris-Le Cap", "Paris-Dakar-Paris", "Dakar-Le Caire" ou "Arras-Madrid-Dakar" !

Toutefois, force est de reconnaître, qu'à partir des années 2000, les conditions géo-politiques & les actes de terrorisme en Afrique (Lybie, Mauritanie...) ont forcé la main des organisateurs. A tel point que, pour l'édition 2009, le Dakar n'est plus : départ & arrivée à Buenos Aires via un parcours entre le Chili et l'Argentine !

De nos jours

Le Paris-Dakar originel est irrémédiablement mort : au fil des ans, des déconvenues et des intérêts mercantiles, il a fini par perdre son âme qui avait fait son succès. La désaffection croissante des médias illustre cette déchéance : France Télévisions jette quasiment l'éponge en 2024 pour laisser la patate chaude à la chaîne TNT "L'équipe". Le Dakar s'invisibilise aux yeux du grand public, il devient un non-évènement, un sport mécanique de niche.

Finalement, l'idée audacieuse d'un rallye-raid âpre, accessible et populaire, n'aura pas survécu à son fondateur Thierry Sabine. Ses piètres successeurs ont fini par enterrer le Dakar : comme souvent, les héritiers d'une légende n'ont d'autre talent que celui de la dépecer, de la détruire irrémédiablement.

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